Quand la nature devient son plus grand terrain de jeu

Traveler on stage

Le 13 Mars 2018, j’ai participé au 3ème Traveler on stage de Nantes.
Le TOS c’est le TEDx des voyageurs.

Retrouvez ici la présentation vidéo du TOS. Ainsi que les autres speakers qui ont partagés la scène avec moi.
Une expérience très enrichissante puisque j’ai découvert un format de présentation qui est à l’opposé de ce que j’ai l’habitude de faire.
Connaissez-vous le pecha kucha ?

Du terme japonais qui signifie « bavardage », le pecha kucha a été inventé à Tokyo en 2003 par deux architectes exaspérés par la longueur des présentations auxquelles ils assistaient. Ils imaginent alors un concept simple : pour les convaincre de leurs projets, les architectes devront présenter leurs idées en vingt diapositives de vingt secondes chacune. 6 minutes40 au total, et pas de retour en arrière possible.

Pour ma part, j’ai choisi de raconter pourquoi il faut se reconnecter à la nature et à soi même.
Le tout en dix-huit slides de vingt seconde. Un format très contraignant où il a fallu bien choisir ses photos, synthétiser ses idées et les présenter de façon dynamique dans le but de faire rire et susciter de l’émotion.
Le monde va de plus en plus vite, les conférences doivent être de plus en plus courtes. Je dois vivre avec mon temps et m’adapter. Ca tombe bien, pendant ces six minutes j’ai le temps de parler de décroissance et d’adaptation… .

Voici le format écrit de ma présentation :

Une vie faite de challenges

Dans ma vie j’ai besoin de sortir de ma bulle de confort, d’adrénaline, d’être confronté à la difficulté, de me surpasser. C’est pour cela que je réalise des aventures.
Comme par exemple : la traversée de la NZ en vélo, l’ascension du Kilimandjaro., des stages de survie dans la jungle Amazonienne et en milieu polaire en Islande.

Enfant de la nature

Depuis ma plus tendre enfance j’aime passer le plus clair de mon temps dehors. Einstein disait : regarde dans la nature et tout prend son sens.
C’est pour cela qu’à l’école, je regardais plus souvent la fenêtre et le monde extérieur que le tableau. L’observation, la lecture de carte et du paysage, l’envie d’aller explorer toujours plus loin ne sont pas nouveau.

Autosuffisance

La jungle Amazonienne donne en quantité nécessaire tout ce dont l’Homme a besoin. A condition de ne pas gaspiller ou piller les ressources. Parfois un fruit peut avoir plusieurs utilisations.
C’est le cas de l’ achiote : à la fois aromate, colorant alimentaire E160b et servant aussi de rouge à lèvres pour les femmes équatoriennes vivant dans la forêt. Cela donne les baisers les plus fruités du monde, croyez moi.

Chasseur/cueilleur

Les techniques de survie m’ont réapprise à vivre et apprise à survivre.
S’abriter, trouver de l’eau et de la nourriture. Des choses basique que le confort de nos sociétés modernes nous on fait oublier.
Tout comme la patience. Et croyez comme moi il en faut avant de pouvoir capturer un serpent à main nu ou savoir tirer à la sarbacane.

Ne faire qu’un avec la nature

Lorsque j’ai chassé le tatoo, l’important était de se fondre dans le paysage. Comme le fond les caméléons. Les feuilles c’est idéal dans la jungle. C’est 100% imperméable mais ça sert aussi de bavoir ou d’assiettes à table.

Un corps qui se transforme

Ben oui, le retour à l’état sauvage modifie les facultés intellectuelles et corporelles. (La preuve en image)
Plus sérieusement, j’ai depuis de nouveaux yeux sur le monde, un estomac en vrai mais des anticorps plus puissants ne me faisant plus craindre le sadisme des moustiques français. Ce depuis que j’ai répertorié 300 piqures sur une jambe quand j’étais en Bolivie.

Homemade

La nature nous offre la possibilité de construire tout ce dont nous avons besoin. Soyons créatif !
Même dans un endroit sans gros morceaux de bois, bambous, palmes, boue ou ciment, il est possible de construire une maison. La preuve ici aux alentours du salar d’Uyuni en Bolivie. J’ai eu le privilège de construire une maison en sel. Je déconseille fortement l’expérience a quiconque ayant une plaie aux mains.

Un terrain de jeu dangereux

La Pachamama notre déesse terre mère a le choix de vie ou de mort. La nature est impitoyable, intraitable. Plus forte que tout. Elle m’a souvent testé et repoussé dans mes retranchements.
J’en suis ressorti vivant mais blessé physiquement.
En Nouvelle Zélande : brûlures au second degré à cause des trous dans la couche d’ozone.
Kilimanjaro : frôler la mort à cause du mal des montagnes.

Une volonté de survivre

Lors de mon stage en milieu polaire j’ai survécu dans le blizzard, avec une température de -30°C. J’ai ma main droite qui a geler et je suis passé prêt de l’amputation.
C’est dans ces moments où la vie se joue à peu de chose et que l’on pense fort à ses proches.

Etoile du berger

Je pense avoir une bonne étoile. Elle me guide sans cesse vers de nouveaux rêves ou défi.
Se diriger est l’essence même du nomade. Il faut savoir utiliser une boussole ou cartes dans d’autres alphabets mais surtout se référer aux indicateurs naturels : soleil ou cours d’eau par exemple.
Mais que faire lorsque j’éprouve le besoin de me perdre ?

Perdre la notion du temps

Très simple : vivre sans montre, sans internet, sans impératif. De mes envies et besoins. Je prends le temps de prendre le temps ou de perdre du temps ? Question de point de vue.
Je vis au rythme de la nature comme le font si bien les animaux.
Je retrouve ma liberté. Plus de règle, plus de code.

Perdre tous ses repères

Connaissez-vous l’endroit le plus déstabilisant où je suis allé ?
C’est au pôle Nord en plein hiver. Plus de vitamine D, plus de soleil pour se diriger.
L’hibernation et la dépression assurée. J’ai donc sombré dans l’alcoolisme.
Non je rigole j’en ai profité pour pratiquer la méditation et faire du développement personnel.

Le sens de mes voyages

Car oui, on voyage dans un but. J’avais besoin de faire mes propres expériences de vie afin de m’enrichir, de me découvrir moi-même et de trouver ma vérité sur le monde.
La permaculture se rapproche le plus de ma philosophie de vie : un mode de vie soutenable qui respecte et limite les ressources de la nature.

Impacts environnementaux

Savez-vous ce qui me révolte le plus aujourd’hui ?
La vitesse à laquelle se dégrade mon terrain de jeu.
Prenons l’exemple de la fonte des glaciers sur la crête sommitale du Kilimanjaro, puisque sans neige, plus d’eau donc plus de possibilité de boire ou cuisiner donc plus de touristes. Sans parler des problèmes d’irrigation des cultures de café et de bananes. La fin de toute une économie pour une région entière !

Besoin de transmettre

C’est pour cela que je suis devenu instituteur de l’école de la vie. Je me dois de transmettre mes connaissances. Il est important à mes yeux de transmettre mes connaissances de cette belle école qu’est la nature.
Depuis quelque temps j’accentue mes interventions auprès des enfants. Je les trouve plus réceptif et conscient des enjeux du nouveau monde qui se met en place.

Décroissance

La transition écologique fait aussi partie de ma conviction profonde. Comme le disait le grand professeur d’économie Serge Latouche : La croissance est fondée sur l’accumulation des richesses. Elle serait selon lui destructrice de la nature et génératrice d’inégalités sociales. C’est donc vers la décroissance qu’il faudrait travailler pour tendre vers une société fondée sur la qualité plutôt que la quantité, sur la coopération plutôt que la compétition.

Transition écologique

Afin d’aller au bout de ma démarche de décroissance je construis actuellement une Walipinas : serre enterré comme on en trouve dans les Andes. Le but est de pouvoir cultiver toute l’année tout en valorisant au mieux les déchets, la déperdition d’énergie et les ressources que je trouve sur place.
J’opte pour une isolation pneus rempli de pierre, branchage et terre.

Le Candide contemporain

Toutes ces expériences et aventures m’ont aidé à gagner en confiance en moi ce qui me permet de transformer tout problèmes en solutions.
Je suis capable de vivre n’importe où sur la planète et de m’adapter à n’importe quelle situation.
Aujourd’hui je souhaite continuer à vivre dans l’œil du cyclone ou dans mon oasis. De choses simples.
Comme Voltaire le disait dans Candide : « il faut cultiver son jardin ».

 

 

 

 

 

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