Quand la nature devient son plus grand terrain de jeu

26,2 miles à Edimbourg

Après quatre mois marathon, il est venu l’heure d’en courir un vrai. Je ne suis jamais arrivé aussi peu préparé et dans un état d’esprit aussi hésitant à un grand rendez-vous. Je n’ai quasiment fait que du vélo et n’ai couru que 100 bornes sur les trois derniers mois. Nous sommes vendredi, la course programmée le dimanche, et je ne sais toujours pas si je vais prendre part au départ. La faute à une grosse fatigue mentale et physique. De plus, je suis en convalescence et sous antibiotique puisque quelques jours auparavant je sortais des urgences avec un énorme abcès situé dans l’aine.

Une paix intérieure retrouvée

Samedi, l’air écossais et la méditation m’ont fait oublier le surmenage et m’ont apaisé. Je m’élancerai donc au côté de Clément et Aurélien. En tenue et franchissant le départ : plus rien ne peux désormais m’arrêter omis un gros pépin de santé. Je finirai dans un temps très loin de mon objectif initial mais avec l’énorme satisfaction d’avoir pu boucler la distance en ayant couru la moitié de la course avec une ampoule mais surtout en ayant aidé Clément à rallier l’arrivée. Je m’étais contraint à me dire que je ne courrerai pas. J’étais déjà frustré d’avoir dû céder les armes sans que la bataille commence. Mais mon tempérament, contre l’avis de nombreuses personnes, a repris le dessus. J’ai guéri mon esprit et mon corps qui m’ont donné leur accord pour foncer. Et 4h52 plus tard j’ai bouclé ces 42,195 kilomètres. Peu importe le temps, et les 52 minutes de plus que mon objectif, je l’ai fait en accompagnant le troisième larron de l’aventure. Clément, sache qu’on ne parle jamais d’abandon avec moi. Pour moi, c’est la plus belle des victoires et une belle expérience en tant que coach mental. Un métier que j’aimerai bien faire plus tard.

Pourquoi courir le marathon d’Edimbourg ?

Course caritative, bord de mer, moins de monde, moins chaud

Courir avec des miles et non des kilomètres ça perturbe mais c’est excitant.

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Une capitale Européenne moins attractive mais qui vaut vraiment le détour

Edimbourg vaut vraiment le détour ! Une ville chouette, historique, vallonnée, où l’on trouve des nombreux pubs aux univers et ambiances très différentes. Sans oublier son architecture Grégorienne. La nuit, on se croirait comme dans un film d’époque avec les petites ruelles pavés et les luminaires accrochés aux murs laissant scintiller une lumière jaune sombre. Agréablement surpris et sous le charme.

Un élan dynamique

Malgré un gros coup de fatigue deux semaines après la course, j’ai une dynamique ultra positive. Le fait d’avoir bouclé deux gros défis sportifs, de commencer à maîtriser l’intelligence émotionnelle, de mieux gérer mon repos et d’apprendre à lâcher prise sont les facteurs clé de cette dynamique. Je me sens insubmersible et capable de me lancer dans n’importe quel défi ou projet (sportif ou autre). Je vis dans une bulle de bonheur. Mais je dois garder les pieds sur terre et resté vigilants cependant. La chute peut vite arriver et fait beaucoup plus mal. Mais que c’est jouissif.

On appelle souvent ce genre d’exercice d’endurance : des courses vers la maturité. C’est justement de là qu’est venue mon envie d’écrire un second livre. Une enquête sur les défis sportifs et aventures extrêmes. Toujours plus loin, toujours plus haut, toujours plus rapide. Pourquoi et pour qui cherchons-nous cette excellence ?

5 mois ago 0 Comments Short URL

C’est une réussite de savoir renoncer

La traversée des Vosges en raquette en autonomie totale, quelle fantastique idée ! Et encore plus lorsque mon rôle est de transmettre mes connaissances à une personne qui a pris une place très importante dans mon cercle amical.
Avec Aurélien, nous sommes passés par tous les états et avons pu constater que les raquettes ce n’est pas qu’une simple promenade du dimanche. Encore plus avec une vingtaine de kilos sur le dos.
Une aventure riche en émotions, magique et magnifique. On en redemande.

Au fil des treize kilomètres du premier jour je me suis vite rendu compte que l’aventure ne serait pas facile à réaliser. Mes trois ampoules et mon arrivée à bout de force y sont aussi pour quelque chose.
La nuit n’a rien arrangé. Il est tombé l’équivalent de 20-25cm au point d’ensevelir d’un tiers notre tente et de devoir la secouer plusieurs fois en cours de nuit afin de pouvoir bouger un peu.
Au petit matin nous étions reparti conquérant mais au bout de quelques heures (interminables) à s’enfoncer jusqu’aux genoux la décision fut irrévocable : impossible de rallier le Markstein d’ici les deux prochains jours avec de telles conditions.
La nature est sortie vainqueur. Nous devons renoncer et faire demi-tour afin de rejoindre le Col de Sainte Marie aux mines. Il neige encore ; nous sommes entre la station du Tanet et celle du Lac Blanc. La situation se complique encore lorsque le chemin de traverse initialement tracé s’avère être à nouveau un bourbier où nous n’avançons plus qu’à raison d’un kilomètre par heure.
Le mental a pris le dessus sur notre physique. Nous arrivons à l’arraché, sous la lumière de notre frontale au col du Bonhomme. Nous sommes exténués et obligés de faire du stop afin de descendre dans le prochain village puisque nos chers hôteliers du col ne daignent pas nous rendre service en nous logeant ou simplement se renseigner où nous pouvons dormir ce soir-là. On peut crever la bouche ouverte que cela leur fait de belle jambe. Bref.

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Cinq minutes plus tard, nous trouvons une voiture pour nous descendre au Bonhomme (village) où une chambre d’hôtel nous attend. Cela va à l’encontre de mes principes mais je ne voyage plus seul et suis en guillemet le responsable de cette aventure. Ayant vu Aurélien greloter la nuit précédente, je ne le voyais pas recommencer une autre nuit en tente. Je ne vais cracher dans la soupe mais cette décision m’est aussi bénéfique puisque cette journée marathon (de quatorze kilomètres) a laissé beaucoup de traces. Mes ampoules me font un mal de chien et mes mollets sont atrophiés au point de marcher en boitant.
La dernière journée se passe sans encombre puisqu’un grand soleil est (enfin) au rendez-vous et que les chemins empruntés sont déjà ouverts (une trace a été faite). Dans de telles conditions, la traversée aurait pu se faire allègrement… .
Nous avons su prendre les bonnes décisions et renoncer. J’avais du mal à me le mettre en tête auparavant et voyais cela comme un échec. Mais le temps et l’expérience forgent la raison. C’est une réussite de savoir renoncer. Combien de fois certains ont-ils tenté l’ascension de l’Everest avant de la réussir ?
Je reviendrai et réussirai.

2 années ago 0 Comments Short URL

Souvent conquise, jamais soumise (devise Corse)

Après le Mont blanc, Aurélien et moi avions planifié de tenter l’aventure GR20. Un des treks les plus durs au monde. Pourquoi ? 170 km pour 13.000 m de dénivelé positif sur un terrain très caillouteux.

 Le temps passe si vite que si l’on ne met pas une date sur projet, il ne se réalise pas. Hommes de parole, c’est finalement cinq années après avoir émis l’idée que nous nous retrouvons à Calvi pour le départ de cette nouvelle grande aventure. A voir nos vêtements et nos sacs, on sent que l’on a pris du galon. Le jean a été remplacé par un pantalon aéré déperlant et les chips par des barres de céréales et repas lyophilisés. Ma seule crainte concerne ma capacité à voyager en groupe. Mais avec des personnalités comme le sont les amis  d’Aurélien : la question ne s’est pas posée longtemps.

Les Corses ne sont effectivement  pas très bavards, fiers de leur île (comment peut-on leur en vouloir ?), un peu rustres. Cependant, en arrière saison, ils délient un peu plus leur langue. Ils arnaquent moins les touristes (ils fonctionnent beaucoup à la tête du client) et les gardiens des refuges prennent un peu plus le temps de discuter. Ces hommes à tout faire doivent s’occuper de toutes les installations, de la restauration (jusqu’à 150 repas jour), de l’accueil, du ravitaillement mensuel qui se fait par hélicoptère. Voilà pourquoi les prix flambent !
Ils vivent sur place pendant cinq mois et accueillent plus de 15.000 randonneurs à l’année.

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Etape 1 : Se rendre compte de la surcharge

Calinzana – Ortu di u Piobbu (6H30 Dénivelé positif : 1360m Dénivelé négatif : 60m point bas : 275m point culminant : 1550m)

Etape 2 : Se perdre pour la première fois de sa vie et mettre sa fierté et son égo de côté

Ortu di u Piobbu – Carrozzu (7H D+ 780 D- 917 pb 1270m ph : 2020m)

Etape 3 : Vider son sac : savoir se séparer d’un objet riche sentimentalement (ma tente)

Carrozzu – Ascu Stagnu  (6H10 D+ 790 D- 638 pb 1220m ph 2010m)

Etape 4 : Décramponner, glisser sur 30m et finir dans le maquis c’est se rendre compte que la montagne ne pardonne pas la moindre erreur

Ascu Stagnu – (cirque de la solitude) Tighjettu (6H D+ 1059 D- 798 pb 1422m ph 2183m)

Etape 5 : Attention à la fringale !

Tighjettu – Ciottulu à i mori (4H D+ 620 D- 78 pb 1384m ph 1991m)

Etape 6 : Tiens, une route et un restaurant ! Prenons des forces avant un anthologique sprint final sous une pluie battante

Ciottulu à i mori – Manganu (8H D+ 643 D- 1033 pb 1332m ph 1991m)

Etape 7 : Des lacs d’altitude, des névés, des crêtes, de gros blocs rocheux et du maquis : une étape complète et sélective

Manganu – Petra Piana (6H30 D+ 830 D- 589 pb 1061 ph 2225m)

Etape 8 : L’étape juke box où tout le répertoire de la variété française y est passé

 Petra Piana – L’Onda (4H50 D+ 490 D- 902 pb 940m ph 1842m)

Etape 9 : Une dernière en trio qui se finit en boitant

L’Onda – Vizzavona (6H05 D+ 711 D- 1221 pb 920m ph 2141m)

Etape 10 : Plus on est de fou, plus on rit

Vizzavona  – E Capanelle (5H15 D+ 890 D- 224 pb 920m ph 1640m)

Etape 11 : Plus fort qu’une tendinite, que la pluie ou la grêle

 E Capanelle – Prati (6H10 D+ 890 D- 590 pb 1289m ph 1840m)

Etape 12 : GR = Grande rencontre ?

Prati – Usciolu (5H45 D+ 697 D- 747 pb 1525m pc 2041m)

Etape 13 : Diviser pour mieux reigner

Usciolu – Asinau (8H D+ 845 D- 1065 pb 1450m pc 2134m)

Etape 14 : En prendre plein la vue une dernière fois

Asinau – (aiguilles de Bavedda) I Paliri (7H D+ 429 D- 910 pb 1000m pc 1536m)

Etape 15 : Finir à l’agonie, sur les rotules, mais en sortir triomphant

 I Paliri – Conca (5H D+ 160 D- 963 pb 252m pc 1055m)

Ce GR fut une sacrée aventure. Qu’est ce que l’on a rit ! J’ai cependant failli déchanter par peur de ne pas finir l’aventure compte tenu de la difficulté d’avancement au vu du poids de mon sac et de douleurs à la cheville et aux tendons. Le cocktail mental, arnica, bandage et voltarène semble avoir porté ses fruits. Pour info : 24 kg sans eau au départ et 16 kg avec un pack de Pietra à l’arrivée. Oui je sais, j’assume d’avoir un problème avec la nourriture et de ne jamais écouter les conseils.

La suite ? Pourquoi pas un marathon ou une semaine de vélo à gravir les mythiques cols alpestres ou pyrénéens du Tour de France.

2 années ago 0 Comments Short URL

De la Charente à la Bretagne en Van

A force de visiter les quatre coins du monde on en oublierai les charmes de son propre pays.

Tu visites ou connais plus l’étranger que ton propre pays m’a-t-on une fois dit.
C’est ce que l’on pourrait croire mais j’aime et j’ai quand même pas mal vadrouillé en France. Il est vrai qu’il me reste quelques zones à découvrir (massif central, Gers et Ariège, Baie de Somme, Alpes de haute Provence) et tant mieux.

Me voici sur Nantes. J’ai choisi de me consacré à la visite de la Bretagne, mais aussi de la Charente puisque mon pote Stan m’a gentillement proposer de le faire avec son van.

Un combi transporteur aménagé. Le choix a été stratégique puisqu’il passe sous les portiques de deux mètres et reste forcément plus manœuvrable que les camping car et autres camionnettes. Le petit inconvénient et que les trajets seront assez long puisqu’il atteint péniblement les 110 km/h. Inutile donc de prendre les autoroutes. Je peux donc profiter pleinement des distractions et paysages vendéens et charentais. Autre petit problème : ce véhicule attire les douanes puisque l’association babacool y est encore présente. Bref.

A part cela voyager en véhicule aménagé reste très plaisant puisque tu peux dormir (quasiment) partout où tu le souhaites et tu as toutes les commodités nécessaire pour passer d’excellentes soirées.
N’oubliez pas vos vélos pour découvrir les îles Charentaise ainsi que les presqu’îles et les cotes bretonnes.

L’Ile madame ne se visite qu’à marée basse lorsque le chemin d’accès n’est plus recouvert par la mer. Elle est toute petite mais très intime est charmante.

Si vous devez faire le choix entre Oléron et l’île de Ré : j’opterai pour Oléron qui est moins touristique donc moins chère que sa consœur pour plus ou moins les mêmes prestations.

Si vous décidez de visiter les deux : je vous conseille de vous rendre à Boyardville afin d’être au plus près du fameux fort Boyard. Ensuite consacrez vous plus à visiter Marennes et ses environs où vous trouverez de nombreux parc à huîtres, l’école de la mer et ses produits, le fort Louvois et la petite cité fortifiée nommée Brouage. Il est intéressant de s’y arrêter pour voir ses fortifications entourées de marais ainsi que la glacière fabriquée par Vauban. Vous découvrirez aussi son lien de parenté avec Québec puisque le fondateur de cette ville (Samuel Champlain), en 1608, est originaire de ce village.Faites une à la boulangerie du village où vous trouverez notamment la sauce pour faire de la poutine.

Plus d’infos ici : http://www.vivrabreuil.fr/actualites/reportages/de-brouage-a-quebec.html

Ile de Ré. Dès le péage à l’entrée du pont on comprend l’attrait touristique de cette île. Partout on distingue les prix basse ou haute saison. Tous les musées et visites guidées sont fermés jusqu’à Mai => début de la… saison haute. L’hiver tout est en travaux. Ce n’est pas les campings qui manquent. Néanmoins il faut dire qu’il y en a des choses à voir et à faire. Et l’option vélo est fortement conseillé car les petites ruelles sont étroites et les routes vite surchargées. Ré jouit d’un très bon aménagement de piste cyclable.

Villages attrayants comme Ars figurant parmi les plus beaux villages de France ou encore la cité Vauban de Saint martin de Ré.

Une faune sous marine et aérienne riche. Vous rencontrerez les fameux Baudet de Poitou : « rasta » car ils ont des poils façons dreadlocks qui les protègent des parasites (insectes présent dans les marais).

Une nature préservée grâce à ses nombreux marais, vignobles, forêts et écluses servant à briser la houle et donc à protéger le littoral.

En remontant vers la Bretagne n’oubliez pas de faire une halte découverte dans les marais poitevins.

Je ne saurais vous recommander de visiter Carnac et ses alignements de mégalithes ainsi que la presqu’île de Quiberon avec sa côte sauvage.

Les amoureux du vélo feront étape au centre Bretagne avec ses nombreux vallons donc le mythique Mûr de Bretagne.
Rendez vous sur les nombreux caps et sur l’île de Bréhat où aucune voiture ne vous dérangera puisqu’elles y sont interdites. Vous aurez peut être la chance d’y croiser des stars comme Yvan Atal et sa compagne Charlotte Gainsbourg.

Pas le temps de vous ennuyer donc. Ah ma France : que j’aime te découvrir !

3 années ago 0 Comments Short URL

L’oublier

L’oublier s’était aussi faire ce voyage que l’on avait programmé ensemble. La seule chose qui nous lie encore. « Non l’autre personne n’est pas là, donnez moi qu’un seul billet svp».
Il y a des endroits que j’avais coché spécialement pour faire en couple. Rome et Venise en faisait parti. Je voulais m’y rendre avec la femme que j’aime le plus au monde, celle pour qui je suis capable de tout, celle qui aurait accepté ma vie sans chercher à la comprendre, celle… . Cette femme est partie. Il faut l’oublier.

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Elle n’aura pas vu ce musée à ciel ouvert qu’est Rome
Elle n’aura pas vu à quoi ressemble le plus Etat du monde (le Vatican) avec sa rue principale où sont situées bon nombre d’ambassade.
Elle n’aura pas pu profiter de la quiétude des 79 hectares du parc Borghèse, avec ses nombreux pins illuminés par un soleil radieux réchauffant l’air ambiant très agréable. Un bain de soleil en Février.
Elle n’aura pas gouté la gastronomie locale : pizzas, pâtes, glaces, spécialités de poisson et autres.
Elle ne se sera pas perdu des heures et des heures dans les nombreuses rues et impasses de Venise et Burano.
Elle n’aura pas participé à la soirée carnaval du mardi gras.
Elle n’aura pas fait de tour en gondole et de pique nique au bord de l’Adriatique.
Elle a fait son choix, il faut l’oublier.

Sans elle j’ai pu admirer les jolies Italiennes.
Sans elle j’ai pu retrouver la folle ambiance de Buenos Aires. De nombreuses soirées, la tournée des bars avec une grosse communauté de voyageur sud américain et mon talent de danseur.
Sans elle j’ai pu foncer (sur un coup de tête) à Pise le temps d’une (longue) journée.
Sans elle, se n’était pas le même voyage mais j’ai quand même bien kiffé.

Je peux désormais tirer un trait sur cette folle et intense relation qui a été un tournant dans ma vie. De la rencontre, à la rupture et son deuil et tout ce qui en a découlé par la suite.
Il faut boire pour oublier alors trinquons sur la plage du Lido de Venise.
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Cependant, il est dur d’oublier le grand amour (gravé à jamais dans le cœur) d’autant plus quand un enfant est au milieu (même si ce n’était pas ma fille) de tout cela mais la vie continu. J’ai digéré ce coup dur et j’ai retrouvé pleins de projets qui vont bien m’occuper ces prochains mois.
Il est tant de retrouver les seules femmes que j’aime et aimerais à jamais : ma mère, ma sœur et dame nature.

3 années ago 0 Comments Short URL

Ne faire qu’un avec la nature

Voilà un moment que j’attendais avec impatience ! Après avoir appris à vivre dans la jungle, j’ai appris à vivre dans des conditions polaires (en vue d’un futur projet).
Je voulais de l’aventure et de la difficulté : j’ai été servi !

L’Homme a toujours su s’adapter à la nature et aux conditions extrêmes. A mon tour de le faire car aujourd’hui dame nature semble en colère. Ca commence fort d’entrée de jeu : notre super jeep, qui passe logiquement partout, est bloquée par des congères d’un mètre, formées juste à la force du vent (c’est-à-dire sans précipitations). Et oui ici le vent façonne le paysage et bloque même les super jeep. Il est capable d’arracher la neige du sol et de produire l’effet d’un blizzard. Impressionnant !! Du coup nous partons à ski avec nos vivres et notre tente dans un vent tempétueux de 20 m/s en moyenne.
La neige gifle le visage, le vent nous déstabilise et augmente la sensation de froid. Les conditions sont dentesques.On avance péniblement d’autant plus qu’il faut que je m’habitue à cette façon de skier. Le traîneau joue aussi des siennes puisqu’il te pousse, te freine, t’entraîne à gauche ou à droite. Je tomberai à mainte reprise. Le trajet est rendu difficile par son relief accidenté. Tout est là pour nous compliquer la vie. Je jubile.
Alors guerrier on ne se laisse pas impressionner et déstabiliser ?

Déstabiliser non mais impressionner : un peu.
Vitborg arna, ma guide est une sacrée aventurière. Elle grimpe régulièrement les plus hauts sommets du monde et a traversée l’antarctique en ski en deux mois (1600 km). Elle force le respect. Ce que j’aime chez elle c’est qu’elle me donne les consignes et me laisse faire. Un très bon professeur et un élève motivé et très appliqué.
Avec ce vent, il nous faut construire un mur de protection afin de s’abriter du vent. Et nous voilà à découper des blocs dans la neige afin de construire notre mur façon igloo.
Il faut ensuite niveler la surface. A la pelle ? Non regarde, ça c’est mon métier. Je prend un ski et m’en sert de règle afin d’égaliser la surface. Vitborg est admirative de ma vitesse d’adaptation lors de ces deux ateliers. Bon je lui avouerai que mon métier m’a bien aidé quand même… .

La tente maintenant. Là on rigole moins car avec ce vent, les piquets ne tiennent pas. On plante donc les skis et bâtons pour les fixations principales et plaçons des blocs de neige tout autour de la tente afin de la maintenir au sol. Ensuite on rentre les affaires et lestons les traîneaux avec d’autres blocs de neige.
Et deux heures plus tard, on se change puis mettons en place les matelas et sac de couchage. Ensuite la cuisine. On cherche de la neige (pour avoir de l’eau) et on allume le réchaud. Ca fait du bien un peu de chaleur. Un bon thé pour commencer, puis on mange. On range tout en laissant chaussure fermé et pelle au premier plan. On ferme la partie qui sépare zone de vie et lit. Il fait à nouveau froid. Il faut dormir avec le bonnet et la cagoule. Le vent soufflera toute la nuit.

Au matin, nous attendons que le jour se lève pour partir. Grand soleil et pas un vent. Le calme, le silence. On entend que nos skis fendre la neige. Nous sommes seuls au monde dans cet univers pétrifié par la neige. Quel sentiment de liberté totale. En vingt quatre heures, la nature nous aura dévoilé ses extrémités. De son déchainement à sa douceur. De sa joie à sa peine. On s’adapte à elle, on l’accepte telle qu’elle est, on ne fait plus un tous les trois.

Avec de telles conditions, on file beaucoup plus vite que la veille. Un pur moment de bonheur. Que le temps passe vite dans ces conditions. Un coup de fil avec coordonnées GPS et la super jeep arrive. Retour à la civilisation.

Inutile de vous dire que j’ai vraiment surkiffé cette randonnée nordique à ski. Vivre, se déplacer et dormir dans des conditions épouvantables est logiquement insurmontable est impossible mais lorsque l’on a le matériel qui va bien tout redevient possible.
De là à partir pour deux mois, il me faut encore de l’entraînement… .

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Grimsey : la quête de la spiritualité

J’avais besoin de faire/voir autre chose que ma routine. Même en voyage elle s’était installée. Grandir c’est aussi savoir faire des choses que l’on n’aime pas. Fuir est une solution trop facile. Il faut apprendre à faire face à la contrariété.Depuis l’Afrique je vais à l’encontre de tous mes principes alors tant qu’à faire autant continuer. Je n’ai rien à perdre de toute façon.
Je me sens prêt => il faut y aller.
Une nouvelle expérience commence : lutter contre l’hédonisme. Prendre mes responsabilités à deux mains. Chasser mes vieux démons. Je vais me battre contre moi même. Je me sens dans un état second, transcendé, impatient, excité comme lors de mon premier voyage solitaire.

Me voilà à Grimsey, île volcanique d’une centaine d’âme, située pile sur le cercle polaire arctique et d’une superficie de seulement 5,7 km².
L’envie de liberté totale, d’autarcie, de coin reculé au bout du monde se fait ressentir depuis un moment. Aujourd’hui me voilà sur le point de réaliser cette expérience.
Je vais volontairement vivre sans réveil, sans téléphone, sans internet, sans voir le jour (3 heures de soleil et 2 heures de pénombre). Perdre mes repères, toute notion du temps. N’être relié à la terre ferme que par deux ou trois avions et ferry par semaine.

Sur ce petit bout de terre je compte bien vivre simplement : cuisiner, dormir, marcher, lire et écrire. Rester enfermé à laisser filer le temps ou sortir faire le tour de l’île à pied : voilà mes occupations. J’en ai besoin pour faire la paix avec moi-même. Il faut oublier les nombreux déboires de 2014. Guérir mes blessures. Ferais-je une crise de la trentaine avancé ?

Quelques mots sur le fonctionnement de cet havre de paix :

L’île est rattachée à la deuxième ville de l’Islande : Akureyri. Les enfants vont à l’école jusqu’à l’âge de quatorze ans puis rejoignent Akureyri pour la continuité du cursus. L’Etat donne une aide aux parents (logement, déplacement, frais de nourriture).
Les déchets sont tous évacués par ferry. Pour trouver de l’alcool, il faut rejoindre Dalvik.
L’épicerie n’ouvre que quelques heures et pour la vente de poisson : il faut se rendre au port.
Ici le plombier est aussi jardinier, la caissière s’occupe de la poste et de la boutique souvenir, la gérante de mon hostel travaille en parallèle à l’aéroport. Tous le monde se connaît, s’entraide, se reparti le boulot et surtout est heureux. Tous le monde travaille sur l’île
Les enfants naissent tous dans le mainland et le docteur rend visite aux habitants de l’île une fois toutes les trois semaines.
Et comme sur le main land, on aime prendre sa voiture et rouler pour passer le temps. Voir ce qu’il se passe.

Quoiqu’il en soit au bout d’une semaine, je me sens vraiment bien ici. J’ai réappris à vivre simplement, de chose basique et à  être patient. Avoir une vie trépidente tout le temps n’est pas possible. Parfois il faut savoir se calmer un peu. La gestion des temps faible comme on dit dans le sport. Eh ben cela je me le suis mis en tête et j’ai appris à faire avec. J’ai repris goût à cuisiner, j’ai retrouvé ma paix intérieure. Je suis enfin capable de laisser filer le temps. Je sais à nouveau où je vais. Ces longues heures de ballades au bord des falaises à écouter le bruit des vagues heurtant ces grandes parois verticales et faisant remonter l’odeur du sel : auront à nouveau développé mes sens. Ces longues heures de lecture sur mon rocking chair et ces longues heures de méditations m’ont détendu. Une retraite à la recherche de son développement personnel et une bonne solution pour remettre de l’ordre dans sa vie ou sa tête. Je me sens apaisé, détendu, dans un nouvel état d’esprit.
Juste un conseil : quand vous êtes au bord de l’implosion => faite en une.

Vivre sans impératif, sans montre et dans le noir pendant plus de dix huit heures est quand même assez flippant. J’étais mal à l’aise au début. Je ne savais pas combien de temps j’avais dormi. Je me référençais à la lune pour me rassurer. Je mangeais plus souvent mais par petite quantité. Je me forçais à sortir malgré un vent de folie car tu as vite fait d’hiberner. Vivre libre comme l’air, au grès du vent est très ennivrant. J’y ai pris goût. J’ai appris à combattre l’ennui, la solitude et surtout à mieux gérer mon psychisme. J’ai vaincu mes ennemis !!

Je ne regrette vraiment pas cette expérience bénéfique. L’Islande a vraiment été un bon choix de destination. J’y aurai vécu des moments magique et très fort en émotion : le road trip avec mes parents et ma soeur, revoir mon pote Tomas ainsi que ses amis et famille, ma retraite sur Grimsey, les aurores boréales (un rêve d’enfant), mon stage de survie en milieu polaire (un défi sportif très attendu qui sera l’objet de mon prochain article). Je rentre avec plein de nouvelles intentions à appliquer. Ca change du voyage Africain dis donc et c’est de bonne augure pour la suite. Comme on dit toujours : le meilleur reste à venir !!

PS : Dans l’article précédent, j’ai oublié de vous parlez des 13 pères noël islandais (ou plutôt trolls) alors cession de rattrapage ici :

http://www.photovoyage.org/blog/coup-de-coeur/legende-des-13-peres-noel-islandais/

3 années ago 0 Comments Short URL

(N)iceland

Fêtes de fin d’années :

Sacrées et très attendus par les Islandais. Tout ferme tôt et ne réouvre que le surlendemain. De nombreuses décorations : des pères noël et des trolls (on ne le dit pas mais on y croit quand même un peu) partout  ainsi que de nombreuses guirlande lumineuse. Ca éclaire les longues nuits polaires. Même les tombes y ont le droit. Ils n’attendent pas le 1er Novembre pour y penser… .

Vente libre de feu d’artifices. Les Islandais dépensent une bonne partie de leurs économies là dedans. L’argent est en partie redistribué à certaines œuvres caritatives.
Durant deux heures non stop, c’est un fabuleux spectacle. On se croirait en pleine guerre car ça explose de partout. Attention car ici personne n’a suivi de formation de pyrotechnie et concernant le périmètre de sécurité : c’est simple, il n’y en a pas.
A nouvel an, tous le monde est devant la télé afin de regarder le programme immanquable : une sorte de remake ou parodie des choses qui ont marqué l’année en Islande.

Spécificités et vie à l’Islandaise :

Centre ville de Reykjavik déneigé entièrement grâce aux tuyauterie chauffante se trouvant sous les trottoirs. La géothermie est beaucoup employée sur l’île. Ne vous étonnez pas si vous sentez le souffre en prenant votre douche.
Le tri sélectif est très respecté : d’autant plus qu’une bonne partie y est évacué en Europe ou en Amérique puisqu’il n’y a pas d’usine de recyclage.

Les piscines font parti intégrante des mœurs. Elles sont toutes extérieures et chauffés. Vous trouverez des bains chauds et sauna/hammam. L’hiver : soyez Viking et n’ayez pas peur de rejoindre les différents bassins sous la neige avec des températures négatives. C’est bon pour la peau et la circulation sanguine. La sensation des flocons de neige sur ta peau est assez étrange je vous l’accorde. N’oubliez pas de vous doucher nu au risque de vous prendre des remontrances de la part de la sécurité.

La vente d’alcool n’est autorisée que dans les cafés, restaurants et magasin spécialisé : vinbudin (le Nicolas de chez nous). J’aurai d’ailleurs fait trente minutes de file d’attente le soir du réveillon de la Saint Sylvestre. Certains disent que cette politique a pour but de réduire le taux d’alcoolisme, d’autre afin de pouvoir taxer encore plus ce bon moyen de recette. Petit conseil : achetez votre alcool au duty free à l’arrivée.

Ici quand tu es malade, perdu ou que ton avion est en retard : on t’appelle un médecin, on prend le temps de t’aider ou de t’expliquer les choses sans que tu aies rien demandé.
Comme tous le monde se connait ou presque : il est fréquent de se rendre à plusieurs soirées ou fête le même soir.

Jamais sans ton lopapeysa l’hiver. C’est le pull en laine typique de l’Islande. Il est de plus imperméable.
Si vous êtes passionné par les volcans : regardez la chaîne 30. Elle diffuse les éruptions en cours dans le pays. Ou sinon rendez vous au volcano show ou cinema n°2 (dans la capitale) pour assister à la diffusion de documentaire spécialement dédiée aux plus grosses éruptions. Des images impressionnantes.

Mon point de vue extérieur :

Ressemblance avec Nouvelle zélande : que deux grandes villes puis ensuite de longues distance sans village, grand axe autour capitale puis ensuite route principale à double sens avec de nombreux ponts à chaussée rétrécie ne permettant que le passage d’un seul véhicule puis route principale  une nature à l’état brut, activité volcanique très présente, saison touristique courte juin juillet août avec beaucoup de camping et location de voiture.

On rencontre pas mal de mouton et beaucoup de chevaux.
Ils aiment bien la nourriture fumé.

Les Islandais ont pour moi un sacré culot/une sacré force de caractère pour pouvoir vivre sur île qui peut exploser ou être inondé à tout moment. Les hivers y sont longs et on y voit peu le jour. Mais le pire dans tous cela c’est qu’ils sont calmes comme si rien ne pouvait les atteindre. Un peuple très intéressant et qui semble soudé. Finalement un endroit où je me plairais bien, à mon image.

Je ne pouvais pas vous quitter sans vous parler des filles. Je les croyais un peu timide au premier abord mais s’était un faux à priori. Le contact est facile et on sait vite si c’est non, ok pour danser mais pas plus loin, ce soir c’est toi que je veux.

Une dernière chose, n’oubliez pas de jeter un coup d’œil sur la météo locale (important pour savoir si vous allez voir ou non les aurores boréales) et sur l’état des routes (très bien détaillé) avant de partir.

Etat des routes : http://www.vegagerdin.is/english/road-conditions-and-weather/the-entire-country/island1e.html
Météo (avalanches, risque de tremblement de terre, vent, pollution) : http://en.vedur.is/

L’Islande hivernale, un monde de glace où tout semble figé. Mais la vie et la chaleur se cache sous terre ou dans les cœurs.    😉

3 années ago 0 Comments Short URL