Quand la nature devient son plus grand terrain de jeu

C’est une réussite de savoir renoncer

La traversée des Vosges en raquette en autonomie totale, quelle fantastique idée ! Et encore plus lorsque mon rôle est de transmettre mes connaissances à une personne qui a pris une place très importante dans mon cercle amical.
Avec Aurélien, nous sommes passés par tous les états et avons pu constater que les raquettes ce n’est pas qu’une simple promenade du dimanche. Encore plus avec une vingtaine de kilos sur le dos.
Une aventure riche en émotions, magique et magnifique. On en redemande.

Au fil des treize kilomètres du premier jour je me suis vite rendu compte que l’aventure ne serait pas facile à réaliser. Mes trois ampoules et mon arrivée à bout de force y sont aussi pour quelque chose.
La nuit n’a rien arrangé. Il est tombé l’équivalent de 20-25cm au point d’ensevelir d’un tiers notre tente et de devoir la secouer plusieurs fois en cours de nuit afin de pouvoir bouger un peu.
Au petit matin nous étions reparti conquérant mais au bout de quelques heures (interminables) à s’enfoncer jusqu’aux genoux la décision fut irrévocable : impossible de rallier le Markstein d’ici les deux prochains jours avec de telles conditions.
La nature est sortie vainqueur. Nous devons renoncer et faire demi-tour afin de rejoindre le Col de Sainte Marie aux mines. Il neige encore ; nous sommes entre la station du Tanet et celle du Lac Blanc. La situation se complique encore lorsque le chemin de traverse initialement tracé s’avère être à nouveau un bourbier où nous n’avançons plus qu’à raison d’un kilomètre par heure.
Le mental a pris le dessus sur notre physique. Nous arrivons à l’arraché, sous la lumière de notre frontale au col du Bonhomme. Nous sommes exténués et obligés de faire du stop afin de descendre dans le prochain village puisque nos chers hôteliers du col ne daignent pas nous rendre service en nous logeant ou simplement se renseigner où nous pouvons dormir ce soir-là. On peut crever la bouche ouverte que cela leur fait de belle jambe. Bref.

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Cinq minutes plus tard, nous trouvons une voiture pour nous descendre au Bonhomme (village) où une chambre d’hôtel nous attend. Cela va à l’encontre de mes principes mais je ne voyage plus seul et suis en guillemet le responsable de cette aventure. Ayant vu Aurélien greloter la nuit précédente, je ne le voyais pas recommencer une autre nuit en tente. Je ne vais cracher dans la soupe mais cette décision m’est aussi bénéfique puisque cette journée marathon (de quatorze kilomètres) a laissé beaucoup de traces. Mes ampoules me font un mal de chien et mes mollets sont atrophiés au point de marcher en boitant.
La dernière journée se passe sans encombre puisqu’un grand soleil est (enfin) au rendez-vous et que les chemins empruntés sont déjà ouverts (une trace a été faite). Dans de telles conditions, la traversée aurait pu se faire allègrement… .
Nous avons su prendre les bonnes décisions et renoncer. J’avais du mal à me le mettre en tête auparavant et voyais cela comme un échec. Mais le temps et l’expérience forgent la raison. C’est une réussite de savoir renoncer. Combien de fois certains ont-ils tenté l’ascension de l’Everest avant de la réussir ?
Je reviendrai et réussirai.

2 années ago 0 Comments Short URL

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