Quand la nature devient son plus grand terrain de jeu

Cyclotouriste mode d’emploi

Il est venu l’heure de dresser le bilan de cette aventure hors du commun et délivrer de précieux conseils.

A tous cyclotouristes qui s’apprêtent à découvrir la Nouvelle Zélande : je vous conseille le livret Pedallers’ paradise by Nigel Rushton. C’est la bible du voyage en vélo en terre kiwi. A l’intérieur de ce fascicule vous trouverez le sens du vent, des profils d’étapes, la description des routes, les choses à voir ou faire en cours de route ainsi que les adresses des magasins de vélo et les endroits où dormir.

Je pense que pour prendre le rythme, il faut de trois à sept jours. Il est préférable de faire des pauses pour se ravitailler et en profiter pour marcher un peu. Pas de nourriture particulière, mais si vous voulez tenir le rythme : il va quand même falloir se plier à la règle d’une bonne nuit et d’un diner riche en sucre lent. Je connais mon corps par cœur et les seuls jours où j’ai dérogé à la règle m’auront été néfastes.

Justement parlons-en de l’obsession de la nourriture. La gourmandise est un vilain défaut. Mon principal défaut. Après de nombreux régimes dûs aux catégories de poids du judo et jujitsu, je pensais en avoir fini. Mais finalement comme à chaque voyage je n’arrive pas à me priver. L’animal que je suis se laisse toujours distraire par cet élément moteur qui aura eu un facteur de motivation. Parfois tu penses à ta glace, ton coca ou ta bière bien fraîche qui t’attendent. Et croyez-moi ou non, les jambes tournent bizarrement mieux. Le pire est quand tu arrives dans les grandes villes et encore plus en jour off car t’en a tellement marre du régime pâte que tu bouffes tout est n’importe quoi. T’es comme un gosse : tu prends et mets dans ton panier puis ta bouche.

On n’est pas dans un concours, le but n’est pas de battre un record mais de voir un maximum de choses. Quitte à en louper d’autres et « être en retard sur son planning ». Cela n’aura pas était mon cas car j’aurai pu jouir d’un temps exceptionnellement radieux et mon esprit de compétition a finalement repris le dessus. Je m’imposai des objectifs et lorsque certains me disaient que s’était impossible ben cela me boosté encore plus et j’étais obligé de leur prouver le contraire. Au final il est vrai que j’aurai été plus rapide que tous mes autres collègues cyclo. Fallait pas me provoquer.

Il faut profiter des jours de pleins de soleil et de vent dans le dos pour avancer un maximum.

Alone on the road

Attention à l’entrée et sortie des grosses villes. Mieux vaut prendre train et/ou ferry. J’ai voulu tenté le coup à Wellington mais je me serai retrouvé sur l’autoroute puis ensuite sur la deux fois deux voies parce que prendre des villages et se perdre : ça m’ennui, en restant poli… .

Attention aux camions qui vous frôlent sans se soucier du phénomène d’aspiration. Restez le plus souvent possible sur le bas côté et surtout sur route sinueuse car ici on n’aime bien couper les virages.

Attention aux brûlures aux mains. Le soleil néozélandais est très dangereux. Il y a des trous dans la couche d’ozone.

Les routes présentent souvent un revêtement très usant puisqu’elles sont en gros gravier qui, de plus, ralentissent le vélo. Attention aux nombreux gravillons qui jonchent la route et sont projetés par les autres véhicules. N’oubliez donc jamais vos lunettes qui vous serviront aussi de protections contre les insectes. Cela n’empêchera pas de se faire piquer ailleurs si vous vous appelez Pierre… .

Un mot sur les campements sauvages qui sont souvent interdits. Attention aux deux cents dollars de p.-v. et quatre cents si récidive. Mais avec un peu de recherche et une tente une place on peu en trouver. Pas simple quand même car tout est clôturé. Et quand vous en trouvez, cachez bien vos vivres car il y a des rodeurs avides de nourriture.

L’avantage d’avoir une tente miniature

Mais le voyage en vélo c’est aussi les galères pour le transport. C’est finalement plus simple de pédaler durant un mois ! Pensez à bien vous renseigner sur le poids accepté par les compagnies aériennes. Y-aura-t-il des taxes de douanes ou non ?
L’emballage : primordial car on connait la délicatesse avec laquelle sont chargés nos bagages. Là-dessus c’est à vous de voir :

           entre une valise renforcée idéale pour les professionnels. Il faut mettre le prix mais le rangement est super bien conditionné et la valise est sur roulette. Problème où la stocker sachant qu’elle est lourde (attention à la contrainte de poids) et ne se plie pas ? Obligation donc la stocker à un endroit et d’y revenir.

          Entre un sac avec mousse ou non. L’aspect pratique est qu’il est imperméable et pliable. Le coût est moins onéreux mais cela vous fait encore un sac en plus à trimballer. N’oubliez pas, voyagez léger.

          Et, dernière option, se rendre dans un vendeur de vélo ou à l’aéroport (mais là à votre charge) afin qu’on vous délivre et emballe correctement votre vélo dans leur carton de livraison avec papier bulle. Je choisirai cette option qui sera gratuite contre le troc de ma remorque qui est une contrainte de poids et dont les pièces seront dures à trouver en cas de problème lors d’un prochain voyage hors NZ.

Ensuite, il ne vous restera plus qu’à prier pour qu’il arrive entier et sans casse.

Concernant la SNCF : rien de mieux que de prendre un petit TGV pour retrouver des personnes souriantes, aidantes, respectueuses, OU PAS !! Welcome home comme j’ai l’habitude de dire. Les autres utilisateurs te pestent alors qu’ils te volent ta place dédiée pour ton vélo et ne comptez pas sur l’aide du contrôleur qui n’oublie pas et juste là pour s’assurer du départ et de l’arrivée du train ainsi que du contrôle du billet. Ensuite il préfère la causette. Bon je généralise un peu mais au vu des commentaires de certains (ci après) ; je ne suis pas le seul à avoir vécu cela.

http://voyageforum.com/forum/france_sncf_tgv_local_velo_enfin_D3781051/

Back to home !

Voici mon ressenti et impressions sur cette nouvelle vadrouille.

Désormais je comprends tout le jargon cycliste et ai vécu une aventure digne du premier tour de France pour un professionnel. Le vent qui crée des phénomènes de bordures, les étapes de faux plats et successions de côtes qui sont plus casses pattes que les vraies étapes de montagnes. La récupération aura été très importante. Je dormais environ neuf à dix heures par nuit au lieu de six à huit en temps normal.

J’ai voulu partir sans trop de préparation et aura fait quelques erreurs dont j’en tire désormais leçon. Voyager c’est un métier ! Sans rire, c’est beaucoup d’organisation. Et quand tu tiens un blog et bien il faut aussi jouer le jeu. Mais c’est plaisant car je m’ennuierai sinon.

Une chose m’aura beaucoup fait réfléchir aussi : l’admiration des gens. Les commentaires changent en fonction de ton avancement. Au début c’est : « bon courage, bonne route, tu es fou, mais pourquoi » ? Ensuite c’est « quoi, 2000 km en un mois ? Impensable, c’est dingue, surréaliste ; j’ai fait autant que toi mais en camping car et avec seulement une semaine de moins ». A chaud je ne m’en rends pas compte mais quand, de vrais cyclistes ou encore marathoniens saluent l’exploit : ça fait réfléchir… . Pour moi, il n’y a rien d’exceptionnel : je prends mon vélo et pédale toute la journée comme une journée de travail quoi.

Mon petit plus est d’avoir arboré mon drapeau français. Cela m’aura valu de nombreux coups de klaxons et encouragements. Beaucoup auront été impressionnés par mon matériel au point de le prendre en photo. C’est vrai qu’il était beau mon matos.

Voyager en vélo c’est écologique et ça laisse le temps de vraiment découvrir le pays. Sur la route, il y a toujours une chose à voir, à faire. On peut aussi y faire de belles rencontres. On y prend goût et rien ne dit que je vais m’arrêter là… .

Anecdotes : j’aurai perdu au final cinq kilos et dû racheter un téléphone et un lecteur MP3. Merci l’imperméable à durée limité entre trois et quatre heures. Fait assez rare pour le souligner : aucune crevaison en 2200 km.

Au retour, puisque le corps était habitué à un certain régime alimentaire riche en calories, il faudra réduire les doses et ne plus grignoter. Cela devra se faire de manière proportionnée. Dans mon cas, il me faut reprendre un peu de graisse qui m’aidera à combattre le froid. Ainsi, je peux encore me permettre quelques sucreries et retrouver le goût du fromage sans problème. J’ai remarqué autre chose aussi : j’ai un problème de rétention d’eau qui m’empêche de m’hydrater correctement. Au lieu de faire effet éponge, il joue celui de drain ce qui me fait aller uriner très très souvent. Habitué à évacuer l’eau du corps par la transpiration, il a trouvé le moyen de l’évacuer d’une autre manière.

On the road !

4 années ago 0 Comments Short URL

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