Quand la nature devient son plus grand terrain de jeu

Dernier article du périple en Amérique du sud

Voilà maintenant deux semaines que je suis rentré. Revoir les amis, la famille, les collègues de travail, retrouver des habits propres et adéquats, reprendre son travail  ont rythmé ma rentrée. La reprise est parfois difficile car l’école de la vie t’apprend beaucoup sur toi-même et change tes idées sur la perception du monde et de la vie. Cependant je dois retrouver mes marques dans le monde et la société où je vis sans oublier que certains rêveraient d’être à ma place mais ne pourront jamais réaliser ce rêve.

Pour ce dernier article concernant mon long périple, je souhaite vous parler des « journées off », du pourquoi on rentre épuisé d’un tel voyage avant de dresser un dernier bilan.

Qu’appelle-t-on journées off ?

On peut les définir comme des journées de transit, de transfert ou de repos. Elles font du bien à l’organisme et permettent de faire pleins de rencontre (voyageurs, comme locaux).
Parfois tu arrives dans une ville en milieux de matinée ou en pleine aprèm. Du coup, aucune activité ou sortie de prévu. Tu n’as plus qu’à prospecter dans les offices de tourismes ou te renseigner dans tes hostels pour trouver quoi faire. Autre cas, tu prends du temps pour mettre à jour ton blog ou tes photos, faire une sieste, prendre une bière avec les autres personnes de l’hostel ou dans la rue en espérant que des âmes charitables viennent te parler.

J’aime ces journées qui sortent de l’ordinaire où tu n’as aucune contrainte. C’est dans ce genre de journée que j’apprends beaucoup. On sort des lieux touristiques et essaye de s’insérer dans la vie locale.  Tu prends des bus où tu es le seul à avoir la peau rouge, tu marches dans des sentiers où sur des chemins où tu ne croises aucun backpacker et où tu attires la curiosité.

Une famille bolivienne

Bon j’avoue qu’étant hyperactif j’ai du mal à en faire mais en fin de voyage, d’avoir couru partout : je me sens fatigué puisque je m’endors pour un rien n’importe où et n’importe quand. Parfois on te demande : mais je ne comprends pas tu rentre de « vacances » et tu es fatigué ?

Alors pour faire taire les idées reçues, je répondrai que pour commencer ce n’est pas des vacances où l’on boit toute la journée en all inclusive, on fait la fête le soir et on dort tous le reste du temps. Non moi je voyage et mon corps en souffre.

          Parfois tu pars en trek plusieurs jours d’affilé où tu traverses une ville avec ton sac qui pèse plus de quinze kilos.

          Tu marches tellement que tu oublies de prendre soin de tes pieds et qu’au bout de quelques mois tu ne comptes plus les ampoules et les peaux mortes qui s’y sont développées.

          Tu tombes malade car en découvrant la nourriture locale ben ton estomac ne supporte pas. Ou encore tu passes par plusieurs climats différents en une semaine (montagnard, tropical, saison des pluies, vent, désert,…). Mais aussi des altitudes trop importantes (de 500m à plus de 4500m) ; et parfois tu y vis en un jour l’équivalent plus de deux semaines d’affilé.

          Tu n’as plus les conditions de vie à la française, tu bouges tout le temps (randonnée, visite des villes, trajet de bus, bateau, avion)

Pour faire simple, voici mon voyage en chiffre :

Plus de 15000 km en 3 mois et demi, plus de 400 heures de bus, bateaux et autres moyens de transports terrestre. J’aurai changé d’hostel tous les deux ou trois jours en moyenne ce qui signifie que j’ai dormi dans une quarantaine de lits, sièges de bus, sofa, hamac,…, différents.

Mon pire lit du voyage : sol ondulé et peau de mouton en guise de matelas. Bolivie

Et maintenant le choses les plus folles que j’ai pu faire ainsi que deux trois anecdotes :

Dormir sur un lit de paille pendant deux semaines, avoir fait trois jours et trois nuits de bus d’affilé, ne pas avoir changé de pantalon durant deux semaines,  quatre jours sans avoir pris de douche, six jours avec le même caleçon, deux nuits dans un hamac, se doucher sous la pluie ou encore avec un robinet, faire un lever de soleil avec une fille dans chaque bras, payer deux nuits d’hostel le même jour (???), faire du parapente, manger du hamster, trois semaines d’affilé de mal d’altitude et de turista, nager avec des tortues géantes et des lions de mer, se faire rejoindre par ses parents à l’autre bout du monde, marcher avec un pied en hémisphère nord et un autre en hémisphère sud, vivre durant trois jours dans une communauté indienne d’Amazonie, dormir dans un hôtel de sel, assister à une messe en espagnol, voir le Dakar, se déguiser en père noël et distribuer tous les cadeaux à mes collègues, rencontrer des gens formidables, traverser l’Amérique du sud avec un nain de jardin nommé Barnabé, manger/voir/dormir dans des lieux sublimes, revenir quasiment bilingue, et j’en oublie sûrement d’autres… .

En vert le précédent voyage et en rouge celui qui s’est achevé.

 

Mon rêve est désormais réalisé et maintenant je dois en assouvir d’autres. Cette passion du voyage et désormais devenu une drogue ; mais ne jamais oublier que la vie est une question de priorité.

5 années ago 0 Comments Short URL

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