Quand la nature devient son plus grand terrain de jeu

Grimsey : la quête de la spiritualité

J’avais besoin de faire/voir autre chose que ma routine. Même en voyage elle s’était installée. Grandir c’est aussi savoir faire des choses que l’on n’aime pas. Fuir est une solution trop facile. Il faut apprendre à faire face à la contrariété.Depuis l’Afrique je vais à l’encontre de tous mes principes alors tant qu’à faire autant continuer. Je n’ai rien à perdre de toute façon.
Je me sens prêt => il faut y aller.
Une nouvelle expérience commence : lutter contre l’hédonisme. Prendre mes responsabilités à deux mains. Chasser mes vieux démons. Je vais me battre contre moi même. Je me sens dans un état second, transcendé, impatient, excité comme lors de mon premier voyage solitaire.

Me voilà à Grimsey, île volcanique d’une centaine d’âme, située pile sur le cercle polaire arctique et d’une superficie de seulement 5,7 km².
L’envie de liberté totale, d’autarcie, de coin reculé au bout du monde se fait ressentir depuis un moment. Aujourd’hui me voilà sur le point de réaliser cette expérience.
Je vais volontairement vivre sans réveil, sans téléphone, sans internet, sans voir le jour (3 heures de soleil et 2 heures de pénombre). Perdre mes repères, toute notion du temps. N’être relié à la terre ferme que par deux ou trois avions et ferry par semaine.

Sur ce petit bout de terre je compte bien vivre simplement : cuisiner, dormir, marcher, lire et écrire. Rester enfermé à laisser filer le temps ou sortir faire le tour de l’île à pied : voilà mes occupations. J’en ai besoin pour faire la paix avec moi-même. Il faut oublier les nombreux déboires de 2014. Guérir mes blessures. Ferais-je une crise de la trentaine avancé ?

Quelques mots sur le fonctionnement de cet havre de paix :

L’île est rattachée à la deuxième ville de l’Islande : Akureyri. Les enfants vont à l’école jusqu’à l’âge de quatorze ans puis rejoignent Akureyri pour la continuité du cursus. L’Etat donne une aide aux parents (logement, déplacement, frais de nourriture).
Les déchets sont tous évacués par ferry. Pour trouver de l’alcool, il faut rejoindre Dalvik.
L’épicerie n’ouvre que quelques heures et pour la vente de poisson : il faut se rendre au port.
Ici le plombier est aussi jardinier, la caissière s’occupe de la poste et de la boutique souvenir, la gérante de mon hostel travaille en parallèle à l’aéroport. Tous le monde se connaît, s’entraide, se reparti le boulot et surtout est heureux. Tous le monde travaille sur l’île
Les enfants naissent tous dans le mainland et le docteur rend visite aux habitants de l’île une fois toutes les trois semaines.
Et comme sur le main land, on aime prendre sa voiture et rouler pour passer le temps. Voir ce qu’il se passe.

Quoiqu’il en soit au bout d’une semaine, je me sens vraiment bien ici. J’ai réappris à vivre simplement, de chose basique et à  être patient. Avoir une vie trépidente tout le temps n’est pas possible. Parfois il faut savoir se calmer un peu. La gestion des temps faible comme on dit dans le sport. Eh ben cela je me le suis mis en tête et j’ai appris à faire avec. J’ai repris goût à cuisiner, j’ai retrouvé ma paix intérieure. Je suis enfin capable de laisser filer le temps. Je sais à nouveau où je vais. Ces longues heures de ballades au bord des falaises à écouter le bruit des vagues heurtant ces grandes parois verticales et faisant remonter l’odeur du sel : auront à nouveau développé mes sens. Ces longues heures de lecture sur mon rocking chair et ces longues heures de méditations m’ont détendu. Une retraite à la recherche de son développement personnel et une bonne solution pour remettre de l’ordre dans sa vie ou sa tête. Je me sens apaisé, détendu, dans un nouvel état d’esprit.
Juste un conseil : quand vous êtes au bord de l’implosion => faite en une.

Vivre sans impératif, sans montre et dans le noir pendant plus de dix huit heures est quand même assez flippant. J’étais mal à l’aise au début. Je ne savais pas combien de temps j’avais dormi. Je me référençais à la lune pour me rassurer. Je mangeais plus souvent mais par petite quantité. Je me forçais à sortir malgré un vent de folie car tu as vite fait d’hiberner. Vivre libre comme l’air, au grès du vent est très ennivrant. J’y ai pris goût. J’ai appris à combattre l’ennui, la solitude et surtout à mieux gérer mon psychisme. J’ai vaincu mes ennemis !!

Je ne regrette vraiment pas cette expérience bénéfique. L’Islande a vraiment été un bon choix de destination. J’y aurai vécu des moments magique et très fort en émotion : le road trip avec mes parents et ma soeur, revoir mon pote Tomas ainsi que ses amis et famille, ma retraite sur Grimsey, les aurores boréales (un rêve d’enfant), mon stage de survie en milieu polaire (un défi sportif très attendu qui sera l’objet de mon prochain article). Je rentre avec plein de nouvelles intentions à appliquer. Ca change du voyage Africain dis donc et c’est de bonne augure pour la suite. Comme on dit toujours : le meilleur reste à venir !!

PS : Dans l’article précédent, j’ai oublié de vous parlez des 13 pères noël islandais (ou plutôt trolls) alors cession de rattrapage ici :

http://www.photovoyage.org/blog/coup-de-coeur/legende-des-13-peres-noel-islandais/

3 années ago 0 Comments Short URL

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