Quand la nature devient son plus grand terrain de jeu

South island : part.2

Finalement je remercie souvent les coups du destin, les imprévus qui m’arrêtent au bon moment. Ce sont d’ailleurs les seuls à pouvoir me stopper. Cet épilogue de la remorque m’aura permis de me reposer un peu et de la reconsolider. Je suis à nouveau prêt à reprendre la route.

Avant cela dernier coucher de soleil à Hokitika. Mais rien de mieux que de l’observer depuis la plage où se trouve un concours de sculpture en bois flotté. Je dois avouer que nous sommes nombreux à vouloir ramener un exemplaire à la maison. Cela fait de la très jolie décoration et encore plus quand les artistes nous façonnent de tel chef d’œuvre.

Germain me trouve très impatient de reprendre la route et il n’avait pas tord car je n’aurais fait que trente cinq kilomètres (vu l’heure à laquelle je suis parti) mais j’avais besoin de retrouver ma machine. Le lendemain j’en ferai finalement cent huit puisque je n’ai pas trouvé mon campement sauvage.

En route je me suis arrêté à Pancake rock. Pourquoi ce nom ? La photo parle d’elle-même.

Le lendemain rien d’intéressant donc je file à toute allure sur Marchison. Cent bornes de plus au compteur.

On annonce de l’eau pour les prochains jours alors j’ai en tête d’arriver coute que coute sur la côte et tant qu’à faire au pied du parc Abel Tasman. Ce sera chose faite avec une étape digne du tour de France : 147 km. 8h30 de vélo plus tard me voilà prêt à trekker et à nager.

Le lendemain je park mon vélo, pour cinq dollars par jour, et endosse mon sac. Mais là c’est le drame ! 
C’est l’heure de faire travailler d’autres muscles et là j’en chie. Mais ça ce n’est rien car le plus dur c’est que, depuis quelques jours, je n’arrive plus à m’extasier. Je suis en Nouvelle Zélande, je vois de belles choses et me promène dans de beaux endroits mais rien n’y fait : je n’arrive pas à m’enlever l’Amérique du sud de ma tête. Mais là bas le glacier était cinq fois plus grand, plus impressionnant. Mais ce parc ressemble à celui de la Colombie. J’ai déjà vu ça. C’est comme si j’étais blasé de voyager, qu’il me fallait sans cesse quelque chose de nouveau. Mais apparemment je ne suis pas le seul à qui ça arrive. Rassurant !?


En tout cas je culpabilise et me mets à penser à ma famille, mes amis, ma copine avec qui je préfèrerai partager ce moment. Au moins je leur ferai partager le bonheur d’être là avec moi sur une plage de sable doré, bordé de forêt avec une eau limpide et d’un bleu turquoise… .

Dans les eaux limpides du parc Abel Tasman

Je rumine toute la soirée, mais la nuit porte conseil à ce qu’il paraît. En tout cas moi elle m’apportera la guerre avec les moustiques et la pluie. Et bizarrement, le lendemain matin tout s’arrange. Je suis un des seuls à braver la pluie pendant quatre heures, les plages sont désormais déserte et là je les trouve agréable à regarder. Je suis trempé de partout, j’ai des ampoules, je suis sale de la tête au pied. Mais n’est-ce pas cela que j’étais venu chercher ? Je vais retrouver mon vélo !! Il faut dire que marcher en montagne j’adore ça mais marcher le long de la mer de criques en criques… . Moi, mon vélo, les problèmes techniques, rencontrer des locaux ou échanger des infos avec d’autres voyageurs. Braver le mauvais temps et me rendormir dans ma tente trempée. La solution était finalement toute simple. Il faut que je voyage en fonction de ce que je suis venu chercher.

Encore une fois je remercie ces événements inattendus qui me mettent un coup de fouet. J’ai retrouvé la gniak et suis à nouveau reposé.

Une chose en plus à mettre dans mon CV : Je fais désormais parti des cyclotouristes

          Premièrement au niveau du bronzage : c’est moche mais pas le choix

          Deuxièmement : je suis capable d’enchaîner des distances de cent kilomètres et plus durant plusieurs jours et je ne pousse plus mon vélo dans les cols

          Troisièmement : je n’ai plus trop mal au cul mais dois mettre de la crème car le frottement incessant entre les jambes provoque une inflammation

          Quatrièmement : mes muscles du haut du corps ont disparus, je suis tous fin ! Une séance de muscu s’imposera à mon retour.

Pour faire croire que j’étais sponsorisé.

Dernière étape de l’île du sud : Nelson – Picton. Une étape très plaisante et complète puisque j’y aurai eu la montagne, une longue vallée venteuse, une halte surprise à Havelock (capitale mondiale de la moule), un paysage de criques avec un dernier col avant une excellente descente technique.
Il est l’heure de se faire un repas de fête avec bière pour célébrer la fin de ma traversée de l’île sud. Environ mille deux cent kilomètres du 22 Janvier au 6 Février. En référence au Tour de France : j’ai passé les Alpes mais il reste encore les Pyrénées (ou inversement) avant l’arrivée sur les champs (enfin Auckland pour l’occasion).

 Il est venu l’heure d’embarquer à bord du ferry qui relie Picton à la capitale. Mais surtout l’ïle Sud à l’île Nord. Trois heures de « promenade » au milieu des Fjords de Queen Elisabeth avant l’entrée en pleine mer de Tasman puis l’arrivée dans la baie de Wellington. Ma première grosse ville. Il faudra donc être vigilant pour mes premiers kilomètres sur l’île nord.

5 années ago 0 Comments Short URL

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