Quand la nature devient son plus grand terrain de jeu

Souvent conquise, jamais soumise (devise Corse)

Après le Mont blanc, Aurélien et moi avions planifié de tenter l’aventure GR20. Un des treks les plus durs au monde. Pourquoi ? 170 km pour 13.000 m de dénivelé positif sur un terrain très caillouteux.

 Le temps passe si vite que si l’on ne met pas une date sur projet, il ne se réalise pas. Hommes de parole, c’est finalement cinq années après avoir émis l’idée que nous nous retrouvons à Calvi pour le départ de cette nouvelle grande aventure. A voir nos vêtements et nos sacs, on sent que l’on a pris du galon. Le jean a été remplacé par un pantalon aéré déperlant et les chips par des barres de céréales et repas lyophilisés. Ma seule crainte concerne ma capacité à voyager en groupe. Mais avec des personnalités comme le sont les amis  d’Aurélien : la question ne s’est pas posée longtemps.

Les Corses ne sont effectivement  pas très bavards, fiers de leur île (comment peut-on leur en vouloir ?), un peu rustres. Cependant, en arrière saison, ils délient un peu plus leur langue. Ils arnaquent moins les touristes (ils fonctionnent beaucoup à la tête du client) et les gardiens des refuges prennent un peu plus le temps de discuter. Ces hommes à tout faire doivent s’occuper de toutes les installations, de la restauration (jusqu’à 150 repas jour), de l’accueil, du ravitaillement mensuel qui se fait par hélicoptère. Voilà pourquoi les prix flambent !
Ils vivent sur place pendant cinq mois et accueillent plus de 15.000 randonneurs à l’année.

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Etape 1 : Se rendre compte de la surcharge

Calinzana – Ortu di u Piobbu (6H30 Dénivelé positif : 1360m Dénivelé négatif : 60m point bas : 275m point culminant : 1550m)

Etape 2 : Se perdre pour la première fois de sa vie et mettre sa fierté et son égo de côté

Ortu di u Piobbu – Carrozzu (7H D+ 780 D- 917 pb 1270m ph : 2020m)

Etape 3 : Vider son sac : savoir se séparer d’un objet riche sentimentalement (ma tente)

Carrozzu – Ascu Stagnu  (6H10 D+ 790 D- 638 pb 1220m ph 2010m)

Etape 4 : Décramponner, glisser sur 30m et finir dans le maquis c’est se rendre compte que la montagne ne pardonne pas la moindre erreur

Ascu Stagnu – (cirque de la solitude) Tighjettu (6H D+ 1059 D- 798 pb 1422m ph 2183m)

Etape 5 : Attention à la fringale !

Tighjettu – Ciottulu à i mori (4H D+ 620 D- 78 pb 1384m ph 1991m)

Etape 6 : Tiens, une route et un restaurant ! Prenons des forces avant un anthologique sprint final sous une pluie battante

Ciottulu à i mori – Manganu (8H D+ 643 D- 1033 pb 1332m ph 1991m)

Etape 7 : Des lacs d’altitude, des névés, des crêtes, de gros blocs rocheux et du maquis : une étape complète et sélective

Manganu – Petra Piana (6H30 D+ 830 D- 589 pb 1061 ph 2225m)

Etape 8 : L’étape juke box où tout le répertoire de la variété française y est passé

 Petra Piana – L’Onda (4H50 D+ 490 D- 902 pb 940m ph 1842m)

Etape 9 : Une dernière en trio qui se finit en boitant

L’Onda – Vizzavona (6H05 D+ 711 D- 1221 pb 920m ph 2141m)

Etape 10 : Plus on est de fou, plus on rit

Vizzavona  – E Capanelle (5H15 D+ 890 D- 224 pb 920m ph 1640m)

Etape 11 : Plus fort qu’une tendinite, que la pluie ou la grêle

 E Capanelle – Prati (6H10 D+ 890 D- 590 pb 1289m ph 1840m)

Etape 12 : GR = Grande rencontre ?

Prati – Usciolu (5H45 D+ 697 D- 747 pb 1525m pc 2041m)

Etape 13 : Diviser pour mieux reigner

Usciolu – Asinau (8H D+ 845 D- 1065 pb 1450m pc 2134m)

Etape 14 : En prendre plein la vue une dernière fois

Asinau – (aiguilles de Bavedda) I Paliri (7H D+ 429 D- 910 pb 1000m pc 1536m)

Etape 15 : Finir à l’agonie, sur les rotules, mais en sortir triomphant

 I Paliri – Conca (5H D+ 160 D- 963 pb 252m pc 1055m)

Ce GR fut une sacrée aventure. Qu’est ce que l’on a rit ! J’ai cependant failli déchanter par peur de ne pas finir l’aventure compte tenu de la difficulté d’avancement au vu du poids de mon sac et de douleurs à la cheville et aux tendons. Le cocktail mental, arnica, bandage et voltarène semble avoir porté ses fruits. Pour info : 24 kg sans eau au départ et 16 kg avec un pack de Pietra à l’arrivée. Oui je sais, j’assume d’avoir un problème avec la nourriture et de ne jamais écouter les conseils.

La suite ? Pourquoi pas un marathon ou une semaine de vélo à gravir les mythiques cols alpestres ou pyrénéens du Tour de France.

2 années ago 0 Comments Short URL

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